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GERARD YON,
LE NOUVEAU FOU CHANTANT, S'EST ECHAPPE !
Le
syndrome du fou chantant (maladie endémique affectant la
chanson française depuis des lustres) n'est pas près
d'être éradiqué.
Un nouvel énergumène, divagant de la vocalise et nommé
Gérard Yon, a été signalé récemment
dans la région de Rouen.
Là
où les choses deviennent inquiétantes, c'est que notre
sujet souffre d'une schizophrénie galopante. : vocaliste
à personnalités multiples, il arrive à chanter
en chœur à lui tout seul.
Serait-ce là l'effet d'une consommation déraisonnable
de boissons alcoolisées ? Pas du tout. Notre homme est un
buveur d'eau, mais un buveur d'eau déviant (passez-moi l'expression).
A
force de travailler à l'unisson de la glotte et du chapeau,
Gérard Yon a réussi à se reproduire tout seul.
Voilà qu'il vient de lâcher de son studio capitonné
plusieurs milliers de CD parfaitement centrés (ce qui, pour
un désaxé notoire, relève de l'exploit olympique).
Ainsi, plus que par la grippe aviaire, cette année sera certainement
frappée par "ça marche ce truc !" (un album
tout ce qu'il y a de plus sonné, où l'on peut entendre
la voix d'un chien fou qui n'est plus vraiment maître de lui-même).
Malgré un emballage en cellophane étanche, les chansons
commencent à se propager dangereusement dans l'Hexagone,
contaminant des auditeurs innocents qui, mordus jusqu'à l'os,
vont devenir, à leur insu, fans (pour ne pas dire fanatiques).
Là
où l'affaire se corse, c'est que Gérard Yon, dans
son maboulisme aigü, a concocté un effet à double
détente : derrière le CD, se cache un concert…
Avant que vous n'ayez le temps de débrancher votre chaîne
stéréo, la Nouvelle Démens' Yon se jette rageusement
sur vos tympans comme un tsunami sur un château de sable.
Gérard Yon apparaît, dans sa camisole à paillettes,
flanqué d'une équipe de forcenés musicaux qui,
comme les trois mousquetaires, sont quatre…
Et là, ils commencent, de concert, à vous chatouiller
les oreilles.
En deux temps trois mouvements, gondolé des zygomatiques
aux mollets, le boyau de la rigolade pris de convulsions et se tricotant
lui-même sur vos côtes flottantes, vous avez envie de
vous taper la tête contre les murs en rythme, et en lançant
des rires de hyène…
Que faire ?…
Comme Gérard Yon et ses fous furieux pétaradants sont
définitivement incontrôlables, la seule solution serait
de faire enfermer le public.
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