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Cali
Commençons par tordre le cou à quelques idées reçues : au pied du mont Canigou, dans la région de Perpignan, on peut rêver aussi bien de ballades symphoniques et mélancoliques que de chansons allègres, de pop-music que de cabaret, de guitares acoustiques que de violons entraînants. On peut même aller au bout de ses rêves et les réaliser, comme c'est le cas de Bruno Caliciuri dit Cali, auteur-compositeur-interprète né en 1968 et dont le talent singulier ne devrait plus longtemps rester le secret le mieux gardé de Vernet-les-Bains. Revenons quelques années en arrière. S'il apprend seul la guitare, inspiré par le lyrisme de U2 et des Waterboys, c'est surtout sur scène que Cali va découvrir les rigueurs du métier, au sein de groupes locaux comme d'orchestres de bal. Tout est bon pour apprendre avant de se lancer, en 1994, avec le groupe Indy. Deux albums autoproduits et 200 concerts plus loin, la motivation est toujours intacte, mais c'est l'heure de passer à autre chose. Marqué par le rock indépendant, Cali se lance dans une autre aventure : Tom Scarlett. Il chante, co-compose, interprète et écrit tous les textes. Un album voit le jour en 1997, toujours autoproduit. Des concerts, toujours de concerts : 300 dates en 5 ans. Avec, au bout du parcours, une remise en question : et si c'était mieux tout seul ? Tom disparaît, Bruno déménage, fin du premier acte. Après la montagne, la mer. Après la guitare, le piano. Cali écrit, compose, arrange des nouvelles compositions plus personnelles dans lesquelles il se met en scène. "Fais de moi ce que tu veux", "Tout va bien", "L'amour parfait". Le temps passe vite : nous sommes déjà en 2001. L'année suivante, son répertoire est riche de 40 nouveaux morceaux. Il entre en résidence au Médiator, à Perpignan, et travaille sur une nouvelle formule scénique en quatuor : Hugues Baretge (guitariste) Julien Lebart (pianiste) et Aude Massat (altiste) l'ont rejoint. Fidèle à sa réputation, Cali tourne : des premières parties (Brigitte Fontaine, Bénabar), des festivals (Francofolies). C'est à La Rochelle qu'il est remarqué par Labels qui lui propose de produire et distribuer son premier "vrai" album, celui qu'il méritait depuis longtemps. Enregistré sous la houlette de Daniel Presley (Breeders, Faith no more, Spain, Venus) Cali et ses musiciens mettent ce disque en boite en deux étapes : en Angleterre (Parkgate) pour les instruments et les voix, puis au Médiator de Perpignan pour les arrangements de cordes. Des titres comme "Différent" ou "Fais de moi ce que tu veux" ont bénéficié pour les orchestrations du concours de Daniel Tosi (conservatoire de Perpignan) qui a également dirigé les musiciens de la Camerata. Le résultat est tout en nuances, à l'image de l'écriture de Bruno : un mélange inédit de tendresse et de vacheries, de désespoir et d'optimisme. Depuis Miossec, on n'avait pas entendu de propos aussi directs, de langue aussi bien pendue, d'ironie aussi sèche. Avec ce timbre si particulier qui respire à la fois le soleil et le bois, Cali panse ses blessures intimes au vitriol. Une fois guéri, il chante l'amour avec ivresse, cet "amour parfait" après lequel il court en faisant semblant d'y croire. Car en dépit de ses illusions perdues, c'est sur une note d'espoir que se termine l'album, ce premier album longuement mûri en fût
A la seule force du poignet, Cali s'est imposé en 2003 avec un premier album règlement de compte (la fin d'une histoire d'amour) qu'il a défendu sur les routes de France avec le succès que l'on sait. Sa deuxième livraison de chansons rock d'ici, teinté de folk pour mieux laisser respirer ses mots tranchants, s'inscrit dans la lignée de la première. Enregistré en partie en Irlande (paradis fiscal et pays d'origine de ses héros les Waterboys), "Menteur" brille également d'autres feux et fait l'étalage d'un sacré savoir-faire entretenu par le producteur Daniel Presley. Par exemple, Steve Wickham, des Waterboys, prête son violon à cette ode aux artistes brûlés qu'est "Je m'en vais". Dans un tout autre registre, "Pauvre garçon" (en duo avec Daniel Darc) se veut un hommage au Iggy Pop période David Bowie...… ou l'inverse. Plus loin, "Roberta" harangue comme un tango, et Cali, toujours remonté, n'en finit plus de régler ses comptes dans "Je te souhaite à mon pire ennemi". "Menteur", tel un fil electrique dénudé, est à la fois écorché et vif. Les 300 000 personnes qui ont acheté son prédécesseur n'auront aucune raison valable de le bouder. "Menteur", son deuxième album est disponible dans les bacs depuis le 3 octobre 2005.
Avec "l'Espoir", son troisième et nouvel album studio paru le 4 février 2008, Cali nous livre 14 sublimes chansons, réalisées par les artificiers de génie Mathias Malzieu (Dionysos) et Scott Colburn (Arcade Fire, Animal Collective...). En chef d’orchestre de cette usine merveilleuse, Cali a su marier aussi bien musicalement que littérairement le feu qui brûle en lui et l’eau qui sommeille dans la lie de ses yeux.
Dans le coeur de
Cali nage une truite, animal sauvage et ambigu symbolisant ce que l'on
ne domestique pas, ce que l'on ne soumet pas, sinon au bout d'une lutte
acharnée pour la vie à tout prix.
Site Officiel : http://www.calimusic.fr
Dossier
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