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Khaled
Comme bien des artistes maghrébins, Khaled, qui a vu le jour un 29 février 1960 à Sidi El Houari, un ancien quartier judéo-espagnol d’Oran, a subi les influences de divers courants musicaux. Tour à tour, dès 1962, l'Algérie, fraîchement indépendante, a frétillé sur du twist, vibré au son psychédélique, du pop couleur Woodstock Wight, s'est trémoussée sur les riffs sauvages des guitaristes de Johnny Hallyday (il a donné un concert au Casino d’Oran en 1966) et Elvis Presley, dont les films battaient des records d'affluence que n'égalaient que les films « hindous », a chialé à cause des lamentos hispaniques de Joselito, le gosse espagnol à la voix d’or, et des ritournelles enamourées du rossignol brun égyptien Abdel Halim Hafez, a été charmé par les mélodies d'Idir le Kabyle, auteur de A Vava Inouva (1973), premier tube international africain, avant de s'amouracher du tempo reggae. Tout cela n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, mais, bien avant de devenir le roi du raï, Khaled avait surtout un faible pour la chanson marocaine. Au début des années 1970, dingue du maestro El Alami (ex directeur de l'orchestre régional de Casablanca) et en hommage au miraculé richissime folklore du Maroc, remis au goût du jour par Nass El Ghiwane, il monte un groupe Noudjoum El Khams (Les cinq étoiles) qui tiendra le coup jusqu'en 1975, sur fond de conflit algéro marocain à propos de la question du Sahara occidental. L’autre courant majeur, qui avait marqué "young" Khaled, est le gharbi, un genre typiquement oranais, né au carrefour d’une pluralité musicale et d’une cohabitation sociale et ethnique et, donc, d’un croisement entre mélopées égyptiennes, mélodies du cru et bouffées d’airs occidentaux. C’était de la world avant la lettre, avec ses figures emblématiques comme Abdelkader Khaldi (1896 – 1964), Cheikh Hamada (1889 – 1968), Cheikh Madani (1888 – 1954), Cheikh Bouras (1909 – 1959), pionniers du folklore oranais, Ahmed Wahby et Blaoui Houari, pères de la chanson moderne oranaise, M’hamed Benzerga et sa pédale wah-wah, et Ahmed Saber, vedettes du premier raï "urbain", grandi entre asphalte et bitume. Khaled est surnommé "Cheb Khaled" au Festival d'Oran en 1985, où il remporte le premier prix. Khaled émigre en France et tente de faire connaitre sa musique. En 1986, Khaled rencontre Djilali Ourak et Marc Céda, lesquels font appel à Jess-Jemel Dif, ex-batteur fondateur du groupe Carte de Séjour et producteur de Cheb Kada, pour faire signer Khaled chez Universal. Ce dernier invite le patron d'Universal au Bataclan lors d'un concert deux jours de suite, et Khaled obtient ainsi son contrat pour le titre "Didi". En 1992, l'album "Khaled" est produit à Los Angeles par Don Was et à Bruxelles par Michael Brook. Grâce au titre "Didi", l'album est un succès au Maghreb, en France et aussi au Brésil avec plus de 3,5 millions d'exemplaires vendus !
En 1993, Khaled sort son deuxième album "N'ssi, N'ssi".
En 1994, Khaled reçoit le César de la meilleure musique écrite pour un film pour "Un, deux, trois, soleil" de Bertrand Blier. En juillet, il est invité par le Festival Paris quartier d'été à chanter à l'Opéra Garnier. En 1996, Khaled enregistre son troisième album "Sahra", produit par Don Was et Philippe Eidel.
L'album "Sahra" contient deux collaborations avec Jean-Jacques Goldman, notamment le titre "Aïcha", énorme tube. La même année, Khaled chante en duo avec Mylène Farmer "la Poupée qui fait non" sur scène lors de certaines dates du Tour 96 de Mylène Farmer (ce duo sortira en single et un clip live sera diffusé). En 1998, Khaled sort l'album "Hafla", un album live reprenant tous ses tubes.
Puis en 1999, il sort l'album "Kenza", du prénom de sa fille.
En 2000, Khaled sort un nouvel album studio "Elle ne peut pas vivre sans lui !".
Le 16 octobre 2003, Khaled est nommé "Ambassadeur de bonne volonté" de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. L'année suivante, Khaled participe à l'album "Agir Réagir" en faveur des sinistrés du tremblement de terre qui a secoué la région d'Al Hoceima, au Maroc le 24 février 2004 et sort son nouvel album "Ya Rayi".
En 2006, Khaled enregistre deux duos : la chanson "Henna" avec Cameron Cartio, et la chanson "Love to the people" avec Carlos Santana. L'année suivante il enregistre en duo "Benthi" avec la chanteuse Melissa M mais le chanteur quitte la France pour fuir les accusations de violences conjugales proférée par sa femme. En 2009, Khaled sort un nouvel album "Liberté".
Dans ce nouvel album, où il multiplie les mawwal-s (préludes
vocaux, auparavant délaissés pour cause de standardisation
imposée aux normes occidentales), l’auteur du planétaire
Didi pioche dans ses souvenirs d’enfance et ouvre le livre de son
adolescence, peuplé de ces artistes légendaires qui rythmaient
la vie des quartiers populaires de la capitale de l’Ouest algérien,
pour mieux retrouver les accents du terroir. Jusque-là, il n’avait
fait que quelques clins d’œil aux joyaux du patrimoine en reprenant
Bakhta, Wahrane Wahrane ou H’mama. Cette fois, il consacre un opus
entier à un genre qui n’était pas encore encombré
par des nappes de synthés envahissantes et des boîtes à
rythme sans âme. Ici, le ‘oud (luth), instrument-roi de l’orchestre
arabe, le violon à l’orientale, la flûte-ney chère
aux soufis, le gumbri en vigueur chez les Gnawas, le guellal (percussion
utilisée dans le raï traditionnel des Cheikhs et des Cheikhates)
ou le hajhouj, issu des montagnes berbères de l’Atlas marocain,
fraternisent idéalement avec des guitares, dont l’une est
tenue par Martin Meissonnier, réalisateur du disque, des claviers
fort discrets, une basse, un saxo, un accordéon ou une trompette.
Entre demi-ton et quart de note, les chansons orchestrées, façon
traditionnel, et enrichies par des cordes égyptiennes, dirigées
par l’éminent Docteur Ayman Amboli et captées directement
au Caire, rappellent que Khaled est avant tout, comme l’avait joliment
défini Don Was, un chanteur de l’émotion. Il la transmet
notamment à travers Bouya Kirani, Zabana, en hommage au premier
condamné à mort exécuté pendant la révolution
algérienne ou le bouleversant Papa, à la mémoire
de son regretté père. Les amoureux du raï an 1980 de
ses débuts, avec accordéon, prendront plaisir à réécouter
en version quasi-unplugged le tonitruant Liberté ou le coquin Raykoum
(il évoque une jeune fille pressée de se marier pour mieux
divorcer pour vivre enfin tous ses fantasmes). Enfin, Khaled n’oublie
pas le voisin marocain et son art de la transe, transcendé là
par le gumbri et le hajhouj d’Aziz Sahmaoui (ex-voix principale
de l’Orchestre National de Barbès) RM
Le 11 juin 2010, Khaled participe à la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, où il chante son plus gros tube "Didi".
Site Officiel : http://khaled-lesite.artistes.universalmusic.fr/
Dossier
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