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Narcisse

John William Waterhouse
"Echo et Narcisse"
Dans
la mythologie grecque puis romaine, Narcisse est un jeune homme dune
grande beauté qui tombe amoureux de son propre reflet.
Fils
du dieu-Fleuve Céphise et d'une nymphe, Liriopé,
il est l'un des rares enfants à être, dès sa naissance,
aimé des nymphes.
Liriopé, consulte le devin Tirésias sur l'avenir de son
fils, et lui demande si Narcisse atteindrait un grand âge. Le prophète
lui répond qu'il y parviendrait à condition quil ne
se voie pas.
Au fil
des ans, la beauté de Narcisse devient si parfaite et éclatante
qu'il est très vite désiré par de nombreuses jeunes
filles et de nombreux garçons qu'il méprise et dédaigne,
imbu de lui-même. Solitaire, Narcisse ne supporte plus que la présence
des ses virils compagnons de chasse et préfère fuir les
avances de ces demoiselles, dont il ne comprend pas la fougue amoureuse.
Écho,
nymphe des montagnes privée de la capacité de sexprimer
par Héra pour l'avoir, de part son bavardage incessant, empêché
de surprendre son époux Zeus en flagrant délit d'infidélité,
tombe un jour amoureuse du beau Narcisse alors âgé de 16
ans.
Elle le suit partout dans la forêt, mais ne peut lui déclarer
son amour. En effet Echo ne peut que répéter les dernières
syllabes des mots qu'on lui adresse.
Un jour quil se trouve seul, il lui semble sentir une présence
à ses côtés, il demande "s'il y a quelqu'un ?",
ce à quoi Echo répond "si quelqu'un". Le jeune
homme qui dit alors "Viens ici!". La voix ne fait que répercuter
le même ordre.
Écho finit par sortir des arbres, les bras tendus vers le jeune
homme. Celui-ci la repousse et senfuit.
Désespérée, Écho se réfugie au fond
des bois, où elle dépérit de chagrin jusquà
ce que bientôt il ne reste delle que sa voix. On raconte qu'Echo
aurait été changée en rocher.
Echo invoque Némésis (la vengeance) et lui demande
de punir l'indifférent par un amour qui ne puisse atteindre son
objet.
Un jour,
alors que Narcisse veut s'abreuver, il tombe amoureux d'un jeune homme
qu'il voit dans l'eau et qui n'est autre que son reflet.
Il se tient là pétrifié, en extase devant la perfection
de ses traits, au point de ne pas se reconnaître et d'appeler en
vain ce visage qui ne peut recevoir ses baisers.
Dévoré
par cet amour, ne parvenant à obtenir lamour de cet être
quil ne sait pas être lui-même, Narcisse sombre peu
à peu dans une sorte de folie, et un jour une des ses larmes tombée
à l'eau fait fuir son reflet, il décide de se laisser mourir,
simplement en s'endormant, aux côtés de l'objet de son amour.
(un autre récit dit que Narcisse se pencha tant pour retrouver
son visage, qu'il tomba dans la fontaine, se noya et fut changé
en fleur qui porte aujourd'hui son nom).
À lemplacement de son corps sort de terre une belle fleur
dorée, le narcisse, qui au printemps se reflète dans leau.
On raconte que, descendu aux enfers, Narcisse continue de chercher lamour
de son reflet dans les eaux du Styx ( fleuve des Enfers) mais les eaux
sombres ne reflétaient alors qu'une image trouble et nébuleuse,
au grand désespoir de Narcisse.
Mais ce n'était
pas de cette manière qu'Oscar Wilde terminait
l'histoire.
Il disait qu'à
la mort de Narcisse les Oréades, divinités des bois, étaient
venues au bord de ce lac d'eau douce et l'avaient trouvé transformé
en urne de larmes amères.
- Pourquoi pleures-tu ? Demandèrent les Oréades.
- Je pleure
pour narcisse, répondit le lac.
- Voilà
qui ne nous étonne guère, dirent-elles alors. Nous avions
beau être toutes constamment à sa poursuite dans les bois,
tu étais le seul a pouvoir contempler de près sa beauté.
- Narcisse était donc beau ? Demanda le lac.
- Qui, mieux
que toi, pouvait le savoir ? Répliquèrent les Oréades,
surprises. C'était bien sur tes rives, tout de même, qu'il
se penchait toujours !
Le lac resta
un moment sans rien dire. Puis :
- Je pleure
pour Narcisse, mais je ne m’étais jamais aperçu que
Narcisse était beau. Je pleure pour Narcisse parce que, chaque
fois qu'il se penchait sur mes rives, je pouvais voir, au fond de ses
yeux, le reflet de ma propre beauté.
Voilà
une bien belle histoire, dit l'Alchimiste. (extrait
de L'alchimiste - Paulo Coelho)
Note
: les études psychologiques contemporaines, qui se sont penchées
sur l'histoire de Narcisse, indiquent que le mère de Narcisse se
nommait Liriopé et qu'elle fut violée par Céphise.
La source devant laquelle s'arrête Narcisse s'appelle aussi Liriopé,
ce qui, selon les spécialistes, éclaire sur la confusion
entre la fontaine, la pureté de l'eau et la virginité perdue
de sa mère. D'autres éléments relient d'ailleurs
les images lacustres, les eaux calmes, aux rêveries de retour à
la vie embryonnaire et à cette fusion excessive dans le sein maternel.
En 1910,
Sigmund Freud, père de la psychanalyse, prononce pour la
première fois le mot "Narcissisme" dans le cadre de ses
théories sur l'homosexualité en tant que pulsion sexuelle
concentrée sur le "moi" du sujet. Sigmund Freud dissociait
2 formes de narcissisme : d'une part le narcissisme primaire de l'enfant
(la découverte de sa propre anatomie ou d'une physionomie semblable
à la sienne), le psychanalyste Lacan parle d'ailleurs du
"stade du miroir", et d'autre part le narcissisme secondaire,
en tant que trouble observé chez l'adulte. La figure mythologique
de Narcisse se situe entre ces deux formes de narcissisme.
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Artezia ©
M.M.
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