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Tuer
les métastases dans leur nid pour traiter les Cancer avancés
?

C’est
en tout cas la question sur laquelle s’est penché une équipe
de chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de
Lausanne (EPFL) en collaboration avec l’Institut Suisse de Recherche
Expérimentale sur le Cancer (ISREC). Les chercheurs sont parvenus
à isoler chez la souris une protéine nécessaire au
développement de métastases. Cette protéine s’appelle
la périostine.
Or on sait
que la prolifération de métastases est souvent la première
cause des complications et des décès liés à
un cancer.
En bloquant cette protéine, les chercheurs ont pu prévenir
la formation de cancers secondaires chez les souris. Ces résultats
sont publiés mercredi 7 décembre 2011 dans la version on-line
avancée du magazine Nature.
Protéine
vitale pour métastases mortelles
Les scientifiques savaient déjà que des cellules cancéreuses
se diffusent un peu partout dans le corps lorsqu’une tumeur maligne
s’y est déclarée. Celles-ci ne déclenchent
toutefois pas toujours un cancer secondaire. Toutes les cellules cancéreuses
ne sont pas égales : seule une partie d’entre elles, appelées
"cellules souches cancéreuses", peut initier des métastases.
De plus, il faut, pour cela, qu’elles puissent s’installer
dans un "nid" – ou une niche – propice à
leur développement.
L’équipe de l’ISREC a pu mettre en évidence
certaines des conditions nécessaires à la propagation des
cancers. "Nous avons en particulier identifié une protéine,
la périostine, dans les niches où se développent
les métastases, explique Joerg Huelsken, titulaire à l’EPFL
de la Chaire Debiopharm en transduction des signaux dans l’oncogenèse.
Sans cette protéine, la cellule souche cancéreuse ne déclenche
pas de métastase, mais disparaît ou reste dormante".
Peu
d’effets secondaires chez les souris
Naturellement présente dans la matrice extracellulaire, cette molécule
intervient lors du développement du foetus. Chez l’adulte,
elle ne reste active que dans des organes spécifiques – glandes
mammaires, os, peau et intestin. Grâce à ces nouvelles recherches,
il semble désormais prouvé qu’elle joue un rôle
essentiel dans l’environnement dont a besoin une cellule souche
cancéreuse pour développer une métastase. Des souris
mutantes, ne possédant pas cette protéine, ont prouvé
leur résistance à la formation de tumeurs secondaires.
"Nous avons aussi développé un anticorps qui se greffe
sur cette protéine et la rend inopérante, et nous espérons
ainsi être capables de bloquer le processus de création de
métastases", reprend Joerg Huelsken.
Lors de ces expériences, le fait de bloquer la protéine
périostine n’a eu que peu d’effets secondaires indésirables.
"Cela ne veut toutefois pas dire qu’il en ira de même
chez l’humain, prévient le chercheur. Il n’est même
pas certain que nous parviendrons un jour à trouver un anticorps
équivalent pour l’homme".
Ces découvertes sont toutefois porteuses d’espoir. D’autant
plus qu’il est désormais connu que les tumeurs malignes tendent
à essaimer plus rapidement que ce que l’on croyait par le
passé. Eviter le développement de métastases apparaît
donc comme une option thérapeutique importante pour limiter les
effets des cancers.
Le
Cancer en chiffres
L’Institut National du Cancer français estime qu’il
y a eut 147 500 décès dû au Cancer en 2011, ainsi
que 365 500 nouveaux cas. 207 000 hommes et 158 500 femmes. Les cancers
de la prostate chez l’homme (71 000 cas incidents) et du sein chez
la femme (53 000 cas) sont les plus fréquents. Viennent ensuite
chez l’homme, les cancers du poumon (27 500) et du côlon-rectum
(21 500) et chez la femme, les cancers du côlon-rectum (19 000)
et du poumon (12 000).
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M.M.
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